KINSHASA : SIGNATURE DU PROCOLE D’ACCORD ENTRE LE P-DDRCS ET LA FONDATION MOSUNGI, UN PARTENARIAT HISTORIQUE POUR RENFORCER LA PRISE EN CHARGE DE LA SANTÉ MENTALE AU PROCESSUS DE PAIX ET DE STABILISATION

Kinshasa, 05 juin 2026 – Le Programme de Désarmement, Démobilisation, Relèvement Communautaire et Stabilisation (P-DDRCS) et la Fondation MOSUNGI ont officiellement signé, à l’Hôtel Sultani de Kinshasa devant la Vice-ministre de l’Intérieur, Sécurité, Affaires coutumières et Décentralisation, Son Excellence Eugénie TSHELA KAMBA, un Protocole de collaboration destiné à renforcer l’intégration de la santé mentale et du soutien psychosocial dans les mécanismes nationaux de réintégration, de cohésion sociale et de stabilisation des communautés affectées par les conflits armés.

La cérémonie s’est déroulée en présence des représentants du Gouvernement, des partenaires techniques et financiers, des membres de la Coordination nationale du P-DDRCS, des autorités administratives ainsi que de nombreux invités venus témoigner de leur soutien à cette initiative.
Dans son discours, le Coordonnateur national du P-DDRCS, le Professeur Jean de Dieu Désiré NTANGA NTITA, PhD, accompagné du Coordonnateur national Adjoint en charge de l’administration et finances William BALIKA LWAMUSHI a souligné que la paix durable ne saurait être réduite à la seule cessation des hostilités ou à la reconstruction économique.

« La paix durable se construit d’abord à travers les femmes et les hommes. Elle se construit dans les communautés. Elle se construit dans la capacité des individus à retrouver confiance, dignité, équilibre et perspectives d’avenir », a-t-il déclaré.
Rappelant les profondes séquelles laissées par les décennies de conflits armés, de déplacements forcés et de violences communautaires en République démocratique du Congo, le Coordonnateur national a insisté sur la nécessité d’intégrer pleinement les dimensions psychologiques et sociales dans les stratégies de stabilisation.
Selon lui, un ex-combattant réintégré sans accompagnement psychosocial demeure exposé aux risques de rechute, tandis qu’une communauté traumatisée reste vulnérable aux tensions et aux violences.
« La santé mentale et l’assistance psychosociale constituent aujourd’hui des leviers stratégiques de prévention des violences, de consolidation de la cohésion sociale et de construction de la paix », a-t-il affirmé.
Le Professeur NTANGA NTITA a également salué le leadership du Président de la République, Son Excellence Félix-Antoine TSHISEKEDI TSHILOMBO, ainsi que l’engagement du Gouvernement dans les efforts de stabilisation, de protection des populations et de renforcement de la résilience nationale.

Prenant la parole à son tour, le Président de la Fondation MOSUNGI, Alexis INDENGE, a qualifié la signature de cet accord « d’acte fondateur » appelé à transformer durablement l’approche de la réintégration et de la consolidation de la paix en RDC.
« La signature de ce protocole d’accord n’est pas un acte administratif ordinaire. C’est un acte fondateur. Nous posons ensemble les bases d’une réponse cohérente au niveau national », a-t-il déclaré.
Pour le responsable de la Fondation MOSUNGI, les processus de désarmement, de démobilisation et de réinsertion ne peuvent atteindre leurs objectifs sans une prise en charge effective des traumatismes psychologiques.
« On désarme, on démobilise, on réinsère, mais on oublie souvent de soigner l’âme. On ne construit pas la paix avec des esprits et des âmes traumatisés », a-t-il souligné.
Estimant que la santé mentale constitue un enjeu majeur de stabilité nationale, Alexis INDENGE a plaidé pour qu’elle devienne une véritable priorité publique en République démocratique du Congo.
« La paix se gagne dans les esprits et dans les cœurs. Investir dans la santé mentale, c’est investir dans la paix. Un ex-combattant non pris en charge sur le plan psychosocial représente un risque de rechute, tandis qu’une communauté en souffrance psychosociale demeure une communauté fragile », a-t-il ajouté.

Le Président de la Fondation MOSUNGI a également révélé que ce partenariat permettra le déploiement progressif d’équipes psychosociales spécialisées au sein des dispositifs du P-DDRCS et dans les zones d’intervention du programme. Les bénéficiaires pourront ainsi accéder à un accompagnement adapté, tandis que les agents du P-DDRCS, les leaders locaux et les responsables communautaires bénéficieront de formations spécialisées en santé mentale et soutien psychosocial.
La cérémonie a été clôturée par la Vice-ministre de l’Intérieur, Sécurité, Affaires coutumières et Décentralisation, Son Excellence Eugénie TSHELA KAMBA, qui a exprimé sa satisfaction de prendre part à une initiative pleinement alignée sur la vision du Chef de l’État.
« Cette cérémonie s’inscrit dans la vision du Président de la République qui place l’homme au centre de l’action publique. Ce protocole d’accord va précisément dans ce sens, en prenant en charge les hommes et les femmes qui souffrent dans notre pays », a-t-elle déclaré.

La Vice-ministre a rappelé que les souffrances psychologiques sont souvent négligées au profit des souffrances physiques, alors qu’elles constituent un facteur déterminant pour la stabilité et le bien-être des populations.
Elle a encouragé le P-DDRCS et la Fondation MOSUNGI à poursuivre leurs efforts et a réaffirmé l’engagement du Gouvernement à accompagner la mise en œuvre effective de cet accord.
« Je tiens à encourager chaleureusement le P-DDRCS et la Fondation MOSUNGI. Je réitère l’appui et l’accompagnement du Gouvernement pour la mise en œuvre de ce protocole d’accord. Je remercie également les partenaires qui sont toujours à nos côtés et les invite à poursuivre leur soutien pour la réalisation de cette importante initiative », a-t-elle conclu.
À travers ce partenariat, les deux institutions entendent contribuer à la reconstruction du tissu social, à la prévention des violences, à la résilience des communautés et à la consolidation d’une paix durable en République démocratique du Congo.
Cellule de Communication du P-DDRCS