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DISCOURS D’OUVERTURE DU COORDONNATEUR NATIONAL DU P-DDRCS A L’ATELIER NATIONAL SUR LE DDR SENSIBLE AU GENRE : ENJEUX, DEFIS ET BONNES PRATIQUES POUR DES PROCESSUS PLUS INCLUSIFS ET DURABLES

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Kinshasa, Cercle de Kinshasa – Gombe, le 8 octobre 2026

Excellence Monsieur l’Ambassadeur du Royaume de Suède en République démocratique du Congo,

Madame la Représentante du Ministère du Genre, Famille et Enfant,

Mesdames et Messieurs les Représentants de l’Académie Folke Bernadotte,

Mesdames et Messieurs les Représentants des agences du Système des Nations Unies, des missions diplomatiques et des partenaires techniques et financiers,

Mesdames et Messieurs les Représentants des organisations féminines et de la société civile,

Chers collègues du P-DDRCS,

Distingués invités, en vos titres et qualités respectifs,

C’est avec un réel plaisir que je prends la parole à l’ouverture de cet atelier consacré à un enjeu fondamental pour l’avenir de notre pays : l’intégration systématique du genre dans les processus de désarmement, démobilisation, relèvement communautaire et stabilisation.

Je voudrais, avant tout, exprimer notre profonde reconnaissance au Gouvernement du Royaume de Suède, à travers son Ambassade en République démocratique du Congo, ainsi qu’à l’Académie Folke Bernadotte, pour leur engagement constant en faveur de la paix, de la prévention des conflits et du renforcement des capacités nationales.

Votre accompagnement illustre une conviction que nous partageons : une paix durable ne peut se construire sans la participation effective des femmes et sans la transformation des rapports sociaux qui entretiennent les violences.

Excellences, Mesdames et Messieurs,

Depuis plusieurs décennies, notre pays fait face à des conflits armés dont les conséquences affectent profondément les communautés.

Les femmes et les filles subissent des violences spécifiques, des déplacements forcés, la désorganisation des économies familiales et la destruction des mécanismes traditionnels de protection.

Mais elles ne sont pas uniquement des victimes.

Elles sont également des actrices de résilience, de médiation, de prévention des conflits, de reconstruction économique et de consolidation de la paix.

Certaines ont été directement associées aux groupes armés, dans des rôles souvent invisibles aux mécanismes classiques d’identification et de démobilisation.

C’est précisément là que se situe notre premier défi.

Un DDR qui identifie uniquement celui qui porte une arme risque de laisser dans l’ombre une partie importante des personnes affectées par les groupes armés, notamment les femmes et les filles.

Nous devons donc dépasser une lecture exclusivement militaire du désengagement pour adopter une approche humaine, communautaire et sensible au genre.

Ainsi, sous le leadership éclairé de Son Excellence Félix Antoine TSHISEKEDI TSHILOMBO, Président de la République, Chef de l’Etat, Président du Comité de pilotage du P-DDRCS et Champion de la masculinité positive, l’Ordonnance n°21/038 du 4 juillet 2021, portant création, organisation et fonctionnement du P-DDRCS, ainsi que notre Stratégie nationale adoptée en avril 2022, nous donnent le cadre institutionnel et stratégique pour relever ce défi.

Notre ambition ne consiste pas seulement à sortir les combattants des groupes armés. Elle vise également à agir sur les facteurs de recrutement et de réenrôlement, à restaurer la cohésion sociale et à créer les conditions d’une réintégration durable.

Cette orientation rejoint les Normes intégrées des Nations Unies relatives au DDR, consacrées aux femmes, au genre et au DDR, ainsi que l’agenda Femmes, Paix et Sécurité porté par la Résolution 1325 du Conseil de sécurité.

Distingués invités,

Nos propres résultats nous interpellent.

Selon les données du P-DDRCS, sur 6 422 personnes démobilisées entre 2021 et juin 2026, 832 sont des femmes, soit 12,9 %.

Ce chiffre doit nous conduire à une interrogation fondamentale :

Les femmes sont-elles réellement moins présentes dans les dynamiques des groupes armés, ou nos mécanismes d’identification ne permettent-ils pas encore de reconnaître pleinement la diversité de leurs rôles et de leurs trajectoires ?

De même, notre approche communautaire prévoit qu’au moins 30 % des bénéficiaires communautaires de la réinsertion soient des femmes. Pourtant, cette cible demeure difficile à atteindre.

Ces constats nous imposent de passer des intentions aux résultats.

Pour le P-DDRCS, quatre transformations sont indispensables.

Premièrement, mieux identifier et protéger. Nos procédures doivent tenir compte des femmes combattantes, des femmes associées aux groupes armés et des filles concernées, tout en garantissant confidentialité, sécurité, accompagnement psychosocial et protection contre les violences basées sur le genre.

Deuxièmement, garantir une réintégration économiquement viable. Car, l’autonomisation ne se limite pas à une formation ou à la remise d’un kit.

Troisièmement, placer les communautés au cœur des solutions.

Quatrièmement, renforcer la cohérence institutionnelle et les partenariats.

Notre ambition est de passer d’une juxtaposition de projets sensibles au genre à un système national de DDRCS véritablement sensible au genre.

Excellences, Mesdames et Messieurs,

Je souhaite que ces deux journées ne soient pas simplement un espace d’échanges, mais un véritable exercice de construction collective.

Nous attendons de cet atelier des recommandations concrètes, des bonnes pratiques documentées et surtout une feuille de route opérationnelle, précisant les actions prioritaires, les responsabilités, les besoins de financement et les mécanismes de suivi.

J’invite particulièrement les organisations féminines et les représentants de la société civile à partager librement leurs expériences. Leur connaissance des réalités communautaires constitue une ressource essentielle pour améliorer nos politiques et nos interventions.

Je voudrais également réaffirmer la disponibilité du P-DDRCS à travailler étroitement avec la Folke Bernadotte Academy, l’Ambassade de Suède, les Nations Unies et l’ensemble de nos partenaires, dans le respect de nos responsabilités respectives et de l’appropriation nationale.

Distingués invités,

Permettez-moi de conclure par une conviction.

Nous ne devons plus mesurer le succès du DDR uniquement au nombre d’armes récupérées ou de combattants démobilisés. Nous devons aussi le mesurer à la capacité des femmes et des hommes à reconstruire leur vie, à retrouver leur dignité et à vivre durablement dans des communautés libérées de la violence.

Car un DDR sensible au genre n’est pas simplement un DDR plus inclusif : c’est un DDR plus efficace, plus juste et plus durable.

C’est dans cet esprit, et avec l’espoir que nos travaux déboucheront sur des engagements concrets, que je déclare officiellement ouverts les travaux de l’atelier national sur le DDR sensible au genre : enjeux, défis et bonnes pratiques pour des processus plus inclusifs et durables.

Je vous remercie.

communication pddrcs

communication pddrcs

P-DDRCS

Le Président de la République Démocratique du Congo, Félix Antoine TSHISEKEDI TSHILOMBO, initiateur du Programme de Désarmement, Démobilisation, Relèvement Communautaire et Stabilisation et président du comité de pilotage du P-DDRCS.
Président RDC
Le Gouvernement de la RDC vous tend la main. Déposez les armes. Rejoignez le programme DDRCS pour reconstuire le pays dans la paix

Contacts

P-DDRCS-14,Avenue Milambo Q.Socimat C.Gombe

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