P-DDRCS-FBA : UN ATELIER NATIONAL POUR RENFORCER L’INTÉGRATION DU GENRE DANS LES PROCESSUS DE DDR

Kinshasa, 8 octobre 2026 — Le Programme de Désarmement, Démobilisation, Relèvement Communautaire et Stabilisation (P-DDRCS), en collaboration avec l’Ambassade du Royaume de Suède en République démocratique du Congo et l’Académie Folke Bernadotte (FBA), a ouvert le jeudi, au Cercle de Kinshasa, à Gombe, un atelier national consacré au « DDR sensible au genre : les enjeux, les défis et les bonnes pratiques pour des processus plus inclusifs et durables ».
Prévu sur deux jours, les 8 et 9 octobre, cet atelier vise à renforcer l’intégration systématique de la dimension genre dans les processus de DDRCS en RDC. Il entend notamment dépasser l’approche qui considère le genre comme un élément distinct du processus, afin d’en faire une dimension transversale de la planification, de la mise en œuvre et de l’évaluation des interventions.
L’atelier constitue ainsi un espace d’échanges entre les acteurs du DDRCS, les spécialistes du genre, les institutions publiques, la société civile, les organisations de femmes ainsi que les partenaires techniques et financiers. Il doit également favoriser une meilleure coordination entre les différents acteurs engagés dans les processus de paix et permettre de partager des expériences et des bonnes pratiques en matière de DDR sensible au genre.

Prenant la parole à l’ouverture des travaux en présence des deux Coordonnateurs Nationaux Adjoints du P-DDRCS, notamment Marie Chantal Lumba Tshimanga, Coordonnatrice Nationale Adjointe chargée des questions techniques et opérationnelles, et William Balika Lwamushi, Coordonnateur National Adjoint chargé de l’administration et des finances ainsi que le Coordonnateur du secrétariat national de la résolution 1325, représentant la ministre du Genre, Femme et Famille, l’Ambassadeur du Royaume de Suède en RDC, Joakim Vaverka, a remercié le P-DDRCS pour la collaboration ayant permis l’organisation de cet atelier. Il a également exprimé sa gratitude aux autorités congolaises ainsi qu’à l’ensemble des acteurs engagés en faveur de la construction d’une paix durable en République démocratique du Congo.
Pour le diplomate suédois, le succès des efforts de paix ne saurait être réduit au seul désarmement. Il repose également sur la réintégration sociale et économique des personnes affectées par les conflits et sur la prise en compte effective de la dimension genre dans les processus de DDRCS.

Il a souligné que l’intégration du genre constitue un élément essentiel du processus de paix et que l’atelier s’inscrit dans un effort plus large visant à renforcer, sous l’impulsion du P-DDRCS et des autorités congolaises, les approches favorisant une paix durable et inclusive.
À travers son ambassade en RDC et l’Académie Folke Bernadotte, le Royaume de Suède a réaffirmé sa disponibilité à poursuivre son appui aux efforts de paix et à la promotion d’un DDR sensible au genre en RDC.
Ouvrant officiellement les travaux, le Coordonnateur National du P-DDRCS le professeur Jean de Dieu Desiré NTANGA NTITA a, pour sa part, exprimé sa gratitude au Royaume de Suède pour son accompagnement.
Il a estimé que ce partenariat traduit une conviction commune : « une paix durable ne peut se construire sans la participation effective des femmes et sans la transformation des rapports sociaux qui entretiennent les violences ».
Dans son intervention, le Coordonnateur National a rappelé que le P-DDRCS dispose d’un cadre institutionnel et stratégique permettant d’intégrer cette dimension dans ses interventions, notamment à travers l’Ordonnance n°21/038 du 4 juillet 2021 portant création, organisation et fonctionnement du Programme, ainsi que la Stratégie nationale adoptée en avril 2022.
Il a également rappelé que l’ambition du P-DDRCS ne consiste pas uniquement à sortir les combattants des groupes armés. Elle vise également à agir sur les facteurs de recrutement et de ré-enrôlement, à restaurer la cohésion sociale et à créer les conditions d’une réintégration durable.
Cette orientation, a-t-il relevé, rejoint les Normes intégrées des Nations Unies relatives au DDR, notamment celles consacrées aux femmes, au genre et au DDR, ainsi que l’agenda Femmes, Paix et Sécurité, porté par la Résolution 1325 du Conseil de sécurité des Nations Unies.
Les données présentées dans l’atelier par le Coordonnateur National du P-DDRCS illustrent les défis qui restent à relever. Sur 6 422 personnes démobilisées entre 2021 et juin 2026, seules 832, soit 12,9 %, sont des femmes.
Par ailleurs, alors que l’approche de réinsertion du P-DDRCS prévoit qu’au moins 30 % des bénéficiaires communautaires des projets soient des femmes, cette cible demeure encore difficile à atteindre dans plusieurs interventions.
Cette situation s’explique notamment par la stigmatisation, la peur, la méconnaissance des mécanismes d’éligibilité et la faible reconnaissance de la diversité des rôles assumés par les femmes au sein ou autour des groupes armés.
Pour les organisateurs, ces difficultés montrent la nécessité de repenser les mécanismes d’identification, d’inclusion et de réintégration afin de garantir une participation effective des femmes aux bénéfices du processus de paix.
Durant les deux jours de travaux, les participants et participantes échangeront notamment sur les enjeux et les barrières à la prise en compte du genre dans les différentes phases du DDRCS.
Les discussions porteront également sur les expériences de terrain, la réintégration socioéconomique et communautaire, la participation des femmes, la sensibilisation communautaire, la collecte de données désagrégées par sexe et par âge, ainsi que la mobilisation des ressources.
Une attention particulière sera accordée à l’identification de bonnes pratiques susceptibles de contribuer à la prévention de la récidive, au renforcement de la résilience des femmes, à la restauration des moyens de subsistance et à la consolidation de la confiance entre ex-combattants et communautés d’accueil.
L’objectif est également de renforcer le dialogue et la coordination entre les acteurs du DDRCS et ceux du genre, tant au niveau institutionnel qu’au sein de la société civile.
À l’issue des travaux, les participants devraient dégager des recommandations et des pistes d’action concrètes pour renforcer l’intégration du genre dans les interventions du P-DDRCS.

Pour le Coordonnateur National du P-DDRCS, le succès d’un processus de DDR ne doit plus être mesuré uniquement au nombre d’armes récupérées ou de combattants démobilisés.
Il doit également être apprécié à travers la capacité des femmes et des hommes à reconstruire leur vie, à retrouver leur dignité et à vivre durablement au sein de communautés libérées de la violence.
« Un DDR sensible au genre n’est pas simplement un DDR plus inclusif : c’est un DDR plus efficace, plus juste et plus durable », a-t-il souligné.
Pendant deux jours, institutions nationales et provinciales, organisations de femmes, société civile, partenaires techniques et financiers et acteurs de la consolidation de la paix sont ainsi appelés à conjuguer leurs expériences pour faire du genre une dimension pleinement intégrée aux processus de désarmement, démobilisation, relèvement communautaire et stabilisation en République démocratique du Congo.
Cellule de Communication du PDDRCS