IRUMU : À NYAKUNDE, LES COMMUNAUTÉS RETROUVENT LE CHEMIN DU VIVRE-ENSEMBLE
De la médiation communautaire aux audiences foraines, l’expérience menée avec RESET montre que le dialogue peut rouvrir la voie au vivre-ensemble dans des communautés longtemps divisées.

Nyakunde, 16 septembre 2026. — À Nyakunde, dans le territoire d’Irumu, la paix se mesure aussi à des gestes simples : pouvoir rendre visite à son voisin, partager un moment ensemble ou organiser une activité culturelle sans crainte ni méfiance.
Pendant plusieurs années, certaines communautés de la chefferie de Babelebe et de Walendu Bindi étaient séparées par un conflit de limites. Aujourd’hui, leurs relations ont progressivement repris grâce aux mécanismes de médiation et d’accompagnement juridique développés dans le cadre du projet RESET (Stabilisation Réactive par la Transition), notamment avec l’appui de l’ONG Justice Plus.
C’est l’un des acquis mis en lumière lors d’une mission conjointe de haut niveau consacrée à la capitalisation et à la pérennisation des résultats de RESET.

La mission a réuni les représentants des Coordinations nationale et provinciale du P-DDRCS, les autorités politico-militaires, policières, administratives, judiciaires et coutumières, les bénéficiaires, les structures communautaires de paix ainsi que les organisations membres du consortium RESET : Mercy Corps, OIM, APC, CORACON et Justice Plus.
Quand la médiation rapproche les communautés

Devant la délégation, les communautés de Nyakunde ont témoigné des changements intervenus dans la gestion des conflits.
Mis en œuvre notamment avec l’appui de Mercy Corps, sous la direction de Francis Albert Kanguem, le projet RESET a contribué au renforcement des mécanismes locaux de médiation, de la cohésion sociale et du règlement pacifique des différends.
Le témoignage d’un membre de la communauté de Babelebe résume à lui seul le chemin parcouru :
« Nous étions en conflit de limites avec nos voisins de Walendu Bindi pendant plusieurs années. C’était devenu impossible pour nous d’aller les visiter ou pour eux de venir ici chez nous. Mais après les efforts fournis par Justice Plus dans le cadre de ce projet, nous nous fréquentons à nouveau et nous avons même organisé des danses folkloriques ensemble pour renforcer le vivre-ensemble. »
Derrière cet exemple, c’est toute une dynamique de reconstruction de la confiance qui se dessine.

La justice rapprochée des communautés
Pour répondre aux conflits, notamment fonciers, Justice Plus a combiné médiation communautaire et accompagnement juridique.
Des parajuristes ont été formés sur la législation foncière, les violences basées sur le genre ainsi que sur le fonctionnement des cliniques juridiques mobiles. Leur mission : informer les communautés, recueillir les plaintes et orienter les cas nécessitant une médiation ou une prise en charge juridique.
Lorsque les parties parvenaient à un accord, celui-ci était formalisé à travers un acte de compromis.
Les avocats intervenaient ensuite pour assurer les consultations et l’accompagnement juridiques nécessaires. Dans certains cas, des audiences foraines ont également permis de rapprocher la justice des populations.
Les résultats sont significatifs : sur 21 compromis présentés à la justice, 17 ont été homologués.
Ces résultats montrent qu’en rapprochant les mécanismes de justice des communautés et en favorisant le dialogue, il est possible de transformer des différends qui semblaient insolubles en opportunités de réconciliation.
Du projet à l’appropriation institutionnelle

Pour le P-DDRCS, l’enjeu de cette mission ne se limite pas à dresser le bilan des activités réalisées. Il s’agit surtout de capitaliser les bonnes pratiques et d’identifier celles qui peuvent être maintenues au-delà de la durée de RESET.
La mission vise ainsi à déterminer les mécanismes les plus durables, les acteurs locaux capables de les porter dans le temps et les mesures institutionnelles nécessaires à leur pérennisation.
Cette démarche s’inscrit dans le premier pilier de la stratégie nationale du P-DDRCS, consacré à la résolution des conflits et à la cohésion sociale.
Elle traduit également la volonté de faire des expériences acquises sur le terrain des outils susceptibles de renforcer durablement les mécanismes locaux de paix.
« Nous voulons que ces acquis restent »

Dans les communautés visitées, le message est clair : les mécanismes mis en place ne doivent pas disparaître avec le projet. Le chef de la chefferie d’Andisoma a salué l’action des différentes parties prenantes dans la mise en œuvre de RESET, soulignant l’importance du projet pour la stabilisation de son entité.
Il a également salué l’engagement du Chef de l’État, S.E. Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, en faveur de la paix et de la stabilisation du pays.
À Nyakunde, la capitalisation des acquis de RESET prend ainsi une dimension particulière : faire en sorte que les solutions expérimentées avec les communautés puissent continuer à produire des résultats après la fin du projet.
Car, au-delà des chiffres et des procédures, la réussite d’un mécanisme de paix se mesure parfois à quelque chose de beaucoup plus concret : des voisins qui recommencent à se visiter, des communautés qui se parlent à nouveau et des populations qui retrouvent progressivement confiance dans la possibilité de vivre ensemble.
Cellule de Communication du P-DDRCS