RDC : LA TASK FORCE EBOLA P-DDRCS RÉITÈRE SON APPELLE AU RENFORCEMENT DE LA SURVEILLANCE FACE A LA PERSISTANCE DE LA MALADIE À VIRUS EBOLA

Kinshasa, 23 septembre 2026 – La Task Force Ebola/P-DDRCS recommande le renforcement de la surveillance épidémiologique, du suivi des contacts et de l’engagement communautaire face à la persistance de la maladie à virus Ebola (MVE) en République démocratique du Congo.
Ces recommandations ont été formulées à l’issue de la réunion hebdomadaire de la Task Force Ebola/P-DDRCS, tenue en visioconférence le 23 septembre 2026, sous la modération et la présidence de Me Jules Irenge, Assistant Principal Adjoint du Coordonnateur National Adjoint en charge de l’Administration et Finances. Cette rencontre avait pour objectif d’analyser l’évolution de l’épidémie dans les provinces où le Programme de Désarmement, Démobilisation, Relèvement Communautaire et Stabilisation (P-DDRCS) mène ses activités et de dégager des stratégies visant à contribuer à limiter et stabiliser sa propagation.
Selon les données hebdomadaires examinées au cours de cette réunion, l’épidémie demeure active et présente une évolution différenciée selon les provinces. L’Ituri reste le principal foyer de transmission, tandis que le Nord-Kivu continue d’enregistrer une transmission importante. Le Haut-Uélé et la Tshopo demeurent également sous surveillance en raison de la persistance ou de la reprise de l’activité épidémique.
D’après le rapport hebdomadaire de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), portant sur les données au 20 septembre 2026, la RDC comptait 7 733 cas confirmés, 3 732 décès, soit un taux de létalité brut de 48,3 %, avec 63 zones de santé affectées et une transmission rapportée dans sept provinces.
Les données rapportées au 22 septembre, sur la base de la situation au 21 septembre 2026, faisaient état de 7 773 cas confirmés et 3 759 décès. À cette même date, 839 patients étaient hospitalisés en isolement et environ 84,5 % des contacts identifiés étaient suivis.
L’Ituri demeure l’épicentre
La situation épidémiologique reste particulièrement préoccupante en Ituri, qui concentre la majorité des cas enregistrés dans le pays. Bien qu’une diminution progressive de la tendance soit observée par rapport au pic précédemment enregistré, la transmission n’est pas interrompue.
La province demeure ainsi prioritaire pour la surveillance épidémiologique, la prise en charge des cas, le suivi des contacts et le renforcement de l’engagement communautaire.
Au Nord-Kivu, deuxième principal foyer de l’épidémie, une augmentation importante de l’incidence avait été observée à la mi-septembre, avant une diminution apparente au cours des derniers jours. La Task Force préconise néanmoins le maintien d’une surveillance renforcée.
À Kayna, les activités de prévention et de mobilisation communautaire ont notamment été intensifiées, avec la participation des écoles, des responsables communautaires et des structures sanitaires dans la détection précoce des alertes, la sensibilisation à l’hygiène et le référencement rapide des cas suspects.
Le Haut-Uélé et la Tshopo sous surveillance
Dans le Haut-Uélé, la transmission demeure soutenue et l’épidémie poursuit son extension géographique. La zone de santé de Dungu est récemment devenue la 63e zone de santé affectée en RDC, renforçant la nécessité de la surveillance aux frontières et de la coordination avec les pays voisins.
La Tshopo, pour sa part, connaît une reprise de l’activité épidémique après une période relativement faible. Cette évolution justifie le maintien des mesures de surveillance et de préparation, ainsi que la mobilisation des moyens logistiques nécessaires à l’appui rapide des équipes déployées dans les zones affectées.
Dans les provinces du Tanganyika et du Maniema, aucun cas de MVE n’était signalé au moment de la réunion. Au Maniema, un cas suspect avait été signalé dans un centre de santé, mais les analyses effectuées par l’Institut National de Recherche Biomédicale (INRB) à Kinshasa se sont révélées négatives. La province a toutefois alerté sur une rupture de stock de détergents destinés à la protection contre la MVE.
Au Sud-Kivu, aucun nouveau cas n’était enregistré depuis mai 2026.
La mobilisation communautaire au cœur de la riposte
Parmi les principaux défis relevés figurent la persistance de la transmission malgré une diminution dans certaines zones, l’extension géographique de l’épidémie, la forte létalité, les difficultés d’accès aux soins et aux activités de surveillance liées notamment à l’insécurité et aux déplacements de populations, ainsi que les difficultés d’adhésion communautaire dans certaines localités.
La charge du suivi des contacts et le risque de propagation transfrontalière constituent également des préoccupations importantes pour la riposte.
À cet effet, la Task Force recommande notamment le maintien d’une surveillance épidémiologique renforcée dans les zones affectées, l’amélioration du suivi des contacts, le renforcement des capacités des structures de traitement et d’isolement, ainsi qu’une attention particulière à la prise en charge des enfants.
Elle préconise également le renforcement de la communication sur les risques et de l’engagement communautaire, l’implication accrue des leaders locaux, le renforcement des mesures de prévention et de contrôle des infections dans les formations sanitaires, ainsi que la surveillance aux points d’entrée et la collaboration transfrontalière.
La Task Force insiste, en outre, sur la nécessité d’assurer la disponibilité des équipements, médicaments et autres intrants essentiels, ainsi que de renforcer la formation sur l’enterrement sécurisé des personnes décédées de la maladie à virus Ebola.
Au terme des échanges, les participants ont retenu que la maladie à virus Ebola due au virus Bundibugyo demeure active en RDC, avec des tendances différentes selon les provinces. La riposte doit ainsi continuer à combiner surveillance épidémiologique, prise en charge précoce, prévention et contrôle des infections, suivi des contacts, engagement communautaire et coordination transfrontalière.
Cellule de communication du P-DDRCS