RDC : « LA PAIX DURABLE EXIGE UN LEADERSHIP NATIONAL FORT ET DES PARTENAIRES COORDONNES », PLAIDE LE COORDONNATEUR NATIONAL DU P-DDRCS

KINSHASA, 9 octobre 2026, le Professeur Jean de Dieu Désiré NTANGA NTITA appelle à dépasser la fragmentation des interventions internationales pour construire une réponse nationale cohérente, inclusive et durable aux défis du désarmement et de la stabilisation.
C’était à l’occasion d’une réception diplomatique organisée par l’Ambassade du Royaume de Suède en République démocratique du Congo, en présence notamment de M. James Swan, Représentant spécial du Secrétaire général des Nations Unies et Chef de la MONUSCO, ainsi que de représentants de la Folke Bernadotte Academy (FBA), le Coordonnateur National du P-DDRCS, le Professeur Jean de Dieu Désiré NTANGA NTITA, a réaffirmé la nécessité de placer l’appropriation nationale au cœur des efforts de consolidation de la paix.
Au centre de son intervention : une conviction selon laquelle l’efficacité des programmes de désarmement, démobilisation, relèvement communautaire et stabilisation dépend autant de la qualité des interventions que de leur cohérence institutionnelle.
« Notre leadership national n’est ni une compétition de mandats ni une volonté de substitution aux partenaires. Il constitue la condition de cohérence, d’appropriation nationale et de pérennisation des interventions », a-t-il souligné.
Un cadre national pour dépasser la fragmentation
Créé par l’Ordonnance présidentielle n°21/038 du 4 juillet 2021, le P-DDRCS constitue le dispositif national de référence pour coordonner les interventions relevant de son mandat.
Sa Stratégie nationale, validée le 4 avril 2022 sous la présidence du Chef de l’État, Son Excellence Félix Antoine TSHISEKEDI TSHILOMBO, établit une approche intégrée visant à articuler le désarmement, la démobilisation, la réinsertion, le relèvement communautaire et la stabilisation.
Pour le Coordonnateur National, cette architecture représente une avancée majeure : elle permet de dépasser les approches sectorielles et de relier la sortie de la violence aux perspectives de développement des communautés.
Mais elle impose également une responsabilité : assurer une coordination effective entre institutions nationales, partenaires techniques et financiers, agences internationales et organisations communautaires. « Notre rôle est de réunir les partenaires autour d’une même table, de partager une lecture commune des besoins, d’harmoniser les critères, d’identifier les lacunes et de prévenir les duplications », a expliqué le Professeur NTANGA NTITA.
Une coordination fondée sur la complémentarité
L’enjeu, selon lui, n’est pas de limiter l’action des partenaires, mais de renforcer son efficacité collective.
Le P-DDRCS entend ainsi promouvoir une programmation concertée, reposant sur une cartographie commune des besoins, une clarification des responsabilités, des données fiables et des mécanismes de suivi permettant de mesurer les résultats.
Cette démarche doit également éviter la concentration excessive des interventions dans certaines zones au détriment d’autres territoires affectés par les conflits.
Le Coordonnateur National a insisté sur la nécessité de respecter les mandats et les procédures propres à chaque organisation.
L’appropriation nationale ne doit pas être comprise comme une restriction de la coopération internationale, mais comme le cadre qui permet de la rendre plus cohérente, plus responsable et plus durable.
Faire de la souveraineté un levier de résultats
Dans un pays confronté à des dynamiques sécuritaires et communautaires complexes, l’efficacité des mécanismes de coordination devient un enjeu stratégique.
Le P-DDRCS souhaite ainsi renforcer la complémentarité entre les interventions des Nations Unies, les institutions de l’État, les partenaires bilatéraux et multilatéraux, les organisations non gouvernementales et les acteurs locaux.
L’objectif est de construire une architecture de paix dans laquelle chaque acteur contribue selon son mandat et ses avantages comparatifs, tout en participant à des objectifs nationaux partagés.
Le message porté à Kinshasa est clair : une paix durable ne résultera pas de la multiplication des projets, mais de leur convergence autour d’une vision nationale, d’institutions renforcées et de communautés pleinement associées aux solutions.
Cellule de Communication du P-DDRCS